Réveillon du 1er Mai : discours

Chers camarades,
Chères militantes et militants,
Chères amies, chers amis,
En ce Réveillon du 1 er mai, fête du travail, fête des luttes sociales, fête de celles et
ceux qui se battent chaque jour pour plus de justice, d'égalité et de dignité…
permettez-moi d'abord de vous dire combien je suis heureux d'être parmi vous ce
soir.
Le 1er mai, ce n'est pas seulement une tradition. C'est une mémoire. Une mémoire
de combats, de conquêtes sociales, de solidarités construites au fil du temps. Mais
c'est aussi un moment de lucidité. Un moment pour regarder où nous en sommes…
et où certains voudraient nous emmener.
Car soyons clairs : nous sortons d'une séquence électorale difficile. Une défaite, oui.
Mais une défaite qui n'a jamais signifié résignation.
Dès le lendemain des élections, notre Parti s'est remis en ordre de marche. Sans
attendre. Sans tergiverser. Avec responsabilité.
Nous avons engagé un travail de fond. Une refondation. Une redéfinition de notre
projet de société. Parce que nous savons que le monde change, que les attentes
évoluent, et que nous devons être à la hauteur.
Mais en parallèle de ce travail de reconstruction, nous avons aussi assumé
pleinement notre rôle d'opposition. Dans tous les assemblées où nous siégeons,
l'opposition socialiste s'est voulue d'emblée ferme, exigeante, mais toujours
constructive et force de proposition.
Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, c'est Martin Casier qui a endossé
le rôle de leader du groupe, afin de dénoncer sans relâche les attaques du
gouvernement MR-Engagés sur toute une série de secteur. Je lui souhaite la
bienvenue à Verviers et me réjouis déjà de l'entendre toute à l'heure.
Je disais, une opposition qui n'a pas manqué de dénoncer les nombreuses attaques
du gouvernement MR–Les Engagés contre les piliers essentiels de notre société,
que sont la culture, la jeunesse, les médias et bien sûr particulier l'éducation.
Parce qu'il faut le dire et le répéter, ce qui se joue aujourd'hui dans notre
enseignement est grave !
Plus d'un milliard d'euros d'économies prévues d'ici 2029.
Plus de 3000 postes d'enseignants supprimés.
Une charge de travail qui augmente sans revalorisation salariale.
Des moyens en moins pour les écoles.
Des repas gratuits supprimés. Des fournitures scolaires supprimées.
Des coûts qui, in fine, seront reportés sur les familles.
Et pendant ce temps, on demande aux écoles de faire toujours plus… avec toujours
moins.
Les conséquences, nous les connaissons déjà :
des conditions d'apprentissage qui se dégradent,
une pénurie d'enseignants qui s'aggrave,
et des inégalités qui se creusent.
Face à ces attaques, que voyons-nous ?
Une mobilisation historique :
Des enseignants, tous réseaux confondus
Des directions, qui sont dans le floue le plus complet à 3 mois et demi de la rentrée
Des parents, qui devront faire de plus en plus de choix
C'est tout un secteur qui se lève pour défendre un bien commun fondamental :
l'accès à un enseignement de qualité
Et nous, socialistes, nous sommes à leurs côtés.
Dans l'opposition, oui. Mais une opposition qui propose.
Des dizaines de textes déposés.
Des solutions concrètes pour soutenir les élèves, les enseignants, les familles.
Parce que nous refusons cette logique purement comptable.
Parce que nous savons que le problème n'est pas celui des dépenses… mais bien
celui des recettes.
Parce que nous savons que sacrifier l'école aujourd'hui, c'est payer beaucoup plus
cher demain.
Mais les attaques ne s'arrêtent pas là.
Elles touchent aussi l'enseignement supérieur, avec une hausses de minerval
scandaleuse.
Elles touchent la petite enfance, avec moins de moyens par place d'accueil.
Elles touchent l'aide à la jeunesse, les médias de proximité, le sport…
C'est une idéologie globale qui est à l'œuvre. Une idéologie qui prend en grippe les
services publics, qui veut réduire leurs missions, qui les affaiblit progressivement.
Et dans ce contexte, je voudrais également attirer votre attention sur un enjeu majeur
: la réforme du paysage hospitalier.
Ce qui se prépare aujourd'hui, c'est un véritable bouleversement de notre système
de soins.
Dans notre région, dans l'arrondissement de Verviers, les projections sont claires : un
seul hôpital général subsisterait.
Un seul.
Cela signifie concrètement que plusieurs hôpitaux seraient déclassés (Heusy, Eupen,
Saint-Vith et Malmedy)
Que des services essentiels disparaîtraient.
Que l'accès aux soins urgents, aux maternités, deviendrait plus difficile pour de
nombreux citoyens.
Et cela pose des questions fondamentales.
Des questions d'accessibilité : peut-on demander à des habitants du sud ou de l'est
de l'arrondissement de parcourir des dizaines de kilomètres pour accéder à des
soins urgents ?
Des questions de sécurité : peut-on prendre le risque d'allonger les délais
d'intervention ?
Des questions de dignité : peut-on accepter que des patients soient soignés dans
une langue qui n'est pas la leur ?
La santé n'est pas une marchandise.
Ce n'est pas un secteur où l'on peut raisonner uniquement en termes d'optimisation
ou de rentabilité.
C'est un droit fondamental.
Et ce droit doit rester accessible, proche, humain.
Camarades,
Si l'on prend un peu de recul, que voyons-nous ?
Dans l'enseignement, dans la santé, dans les services publics…
Partout, la même logique.
Une logique qui consiste à faire croire que les services publics coûtent trop cher.
Qu'ils seraient inefficaces.
Qu'il faudrait les réduire, les rationaliser, les transformer.
Mais derrière ce discours, il y a une réalité.
Une réalité où l'on fragilise ce qui fait notre cohésion sociale.
Où l'on affaiblit les solidarités.
Où l'on prépare le terrain à une société de rejet de l'autre, toujours plus individualiste,
toujours plus inégalitaire.
Car dans le même temps, on voit émerger autre chose.
Une banalisation progressive de certaines idées.
Des discours qui stigmatisent, qui divisent, qui opposent.
Une complaisance, parfois, avec des thèses qui flirtent dangereusement avec
l'extrême droite.
Et comme si cela ne suffisait pas, on s'attaque aussi aux symboles.
Le 1er mai à Blegny-Mine… ce n'est pas un détail.
C'est un lieu de mémoire.
Un symbole du monde ouvrier et des luttes sociales qui s'y sont jouées
Un rappel de ce que nos anciens ont construit.
Quand on s'attaque à cela, on ne s'attaque pas seulement à une tradition.
On s'attaque à une histoire.
À une identité.
À des valeurs.
Alors oui, camarades, il faut le dire clairement :
Nous ne sommes pas face à des décisions isolées.
Nous sommes face à un projet de société.
Un projet qui n'est pas le nôtre.
Notre projet, à nous, il est simple.
C'est une école qui émancipe.
C'est une santé accessible à tous.
C'est des services publics forts.
C'est une société solidaire, inclusive, où chacune et chacun trouve sa place.
Et ce projet, il ne se construira pas sans vous.
Sans votre engagement.
Sans votre mobilisation.
Sans votre énergie.
Le 1er mai nous rappelle d'où nous venons.
Mais il nous rappelle surtout que rien n'est jamais acquis.
Chaque droit, chaque avancée, chaque progrès a été le fruit d'un combat.
Et ces combats, ils continuent aujourd'hui.
Alors restons debout.
Restons unis.
Restons déterminés.
Parce que c'est ensemble que nous pourrons défendre ce qui compte.
Et construire ce qui vient.
Chères camarades, chers camarades
Soyons à la hauteur des combats qui viennent,
Soyons fiers d'être socialistes,
Bonne fête du travail à toutes et tous.